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Pour le temps, la vie et la mort


   Nous avons évolué à travers le temps, grâce à l'engrais du temps. Mais nous sommes beaucoup à vouloir le tuer. Qu'a-t-il fait de mal pour mériter la mort ? Vous diriez sûrement parce qu'il fait de nous ses prisonniers. Le temps est : le passé qui ne revient pas sur ses pas que si on décide de se rendre à sa source, le présent qui a vraiment le culot d'effleurer l'instant et s'achève de si tôt comme le signal du courant donné par la compagnie d'Électricité D'Haïti(EDH), et le futur qui baise à l'horizon et éjacule des vagues sur le rivage, mais il est aussi une petite pierre noire qu'on aura lancé un peu plus loin sur le chemin et qu'on espère la trouver avec une plus grande épaisseur et une couleur différente. Mais je crois qu'on saisira le sens du futur quand Capitaine Alexandre nous dira comment tailler des flûtes de promesse dans le sourire des enfants.


   Que dire de plus? Le temps est un gratte-ciel, un de ces fameux building americain inachevé, sans ascenseur, car ayant une claire conscience du travail à fournir pour monter là haut, parallèle au dessin de toute une vie, on achète alors une caméra professionnelle et on offre une séance de photos au bâtiment. On lui fait une photo en portrait, une autre en paysage et une dernière en boudoir, dans l'idée d'explorer le temps sur tous ces angles, et c'est là qu'on crée vraiment une image du temps. Peut-être qu'elle ne sera pas nette, mais bon !


   Je pense que le mieux c'est de se mettre à l'abris du temps, et je crois qu'il nous protège de quelque chose qui est plus grand que nous, si on admet être ses prisonniers. Car le temps est comme le poème, on le chante, on le danse, on le conjugue, mais on ne le tue pas. Le temsp est vivant , il est trop élastique. 

   
   Alors on doit laisser la vie pousser en nous comme elle veut, le temps pour nous de s'aimer, de se réchauffer mutuellement le corps quand la pluie est glacée, de créer un silence dynamique pour tous les premiers baisers, de chercher la goutte d'eau qui fera déborder le vase, de semer des graines de folie dans nos champs fertiles.


   Par contre, je m'explique très mal à l'idée de penser que la mort prendrait place sous la plante de nos pieds. Parce qu'en fait, la mort ne court pas. Putain, elle marche. Elle se balade. Elle part toujours à point, rien ne sert de courir après tout. Elle marche avec nous sous la braise d'un feu presqu'éteinte, elle marche avec nous dans le champ d'un amour né au mois de novembre, elle marche avec nous sous un soleil fiévreux. Elle est habituée à marcher, parfois, au même rythme que la vie.


   Je veux vivre la vie pleinement comme si je pouvais habiter toute la plénitude. Je réfléchirai quelques fois pour ne pas avoir tort mais la plupart du temps, je me laisserai aller dans la direction du vent et j'apprendrai à saisir les belles choses avec tous les sens de mon corps qui sont une fenêtre ouverte sur le monde, j'apprendrai aussi à fermer celle-ci au nez du malheur si derrière lui ne se cache pas la beauté.

John Guyve François 

Crédit Photo : Rodolson Jeanty

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